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Les nanomachines à ADN contre la résistance des cellules cancéreuses 

Une étude menée par des scientifiques chinois, pour l’instant au stade de l’expérimentation animale, montre l’efficacité des nanomachines à ADN sur la résistance des tumeurs aux chimiothérapies. On vous explique simplement.  

Fin 2025, le professeur Chen et son équipe publient les résultats d’une étude menée en laboratoire, visant à combattre la résistance des cellules cancéreuses à la chimiothérapie. Ils ont créé des “nanomachines à ADN” et les ont injectées à des souris atteintes de cancer. Les résultats concluent à une diminution de la résistance des tumeurs et à une augmentation de la durée de vie des souris.  

La résistance aux médicaments est l’un des principaux obstacles à l’éradication du cancer. Des recherches antérieures ont identifié deux protéines responsables. La PRMT1 d’abord, qui protège la cellule cancéreuse. Elle a la capacité d’activer une seconde protéine : la SOX2, qui envoie des instructions à la cellule pour garantir sa survie. Elle lui donne la capacité de se régénérer et de continuer à proliférer malgré la chimiothérapie.  

Afin de contrer la PRMT1 et donc la chimiorésistance, les chercheurs ont utilisé la technique de la “DNA origami” pour créer des assemblages en deux ou trois dimensions en assemblant des brins d’ADN. Ils ont ensuite “attaché” des molécules de médicaments aux capsules ainsi formées. Ces structures, d’une taille inférieure à celle d’un virus, prennent donc le nom de “nanomachines à ADN”. Elles sont conçues pour reconnaitre le marqueur CD44, une sorte d’étiquette que possèdent les cellules cancéreuses résistantes. Injectés dans le sang, elles ignorent les cellules « normales » et s’accrochent aux porteuses du marqueur. Les nanomachines transportent deux médicaments et sont programmées pour les libérer dans un ordre précis. En entrant en contact avec le GSH, une molécule très présente dans les tumeurs, elles relâchent d’abord un inhibiteur visant la protéine PRMT1, afin de bloquer le mécanisme de résistance de la cellule cancéreuse. Les brins d’ADN se désagrègent ensuite progressivement sous l’action des enzymes de l’environnement, libérant la cisplatine, un médicament chimiothérapeutique, dans un second temps. Ce processus permet de contrer le mécanisme de résistance avant l’exposition au médicament, multipliant ses chances d’être efficace.  

De précédentes expérimentations utilisaient déjà les nanomachines sur les cellules cancéreuses ; mais elles visaient davantage leur destruction physique. Avec ce protocole, les souris traitées avec les nanomachines ont survécu en moyenne 30 jours de plus ; les tumeurs ont grandi beaucoup plus lentement ; les chercheurs ont aussi noté moins d’effets secondaires liés aux médicaments chimiothérapeutiques. Il s’agit toutefois encore d’études sur animaux : l’efficacité et la sécurité de ce protocole restent à démontrer sur des patients humains.  

Relu par le Dr Sergio Roman-Roman, responsable du département de recherche translationnelle de l’Institut Curie 

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